| Lecture de “CHARBEL” Un Homme Ivre De Dieu. P. Paul Daher.
Extase
Malgré toutes les austérités pratiquées par le Père Charbel, son occupation première fut la contemplation. Persévérance dans l’oraison, abandon filial à la présence divine, rien ne vient briser la continuité de cette adhésion à Dieu. Qui dira la force de ce ravissement de l’âme qui la soustrait au sentiment des choses sensibles ? « On le croyait déjà vivant dans l’Éternité », dit le Frère Élie Mihrini. Connaître sa vie ? Il a vécu au-delà de la vie. Le temps ne comptait plus, ni ce qui se passait dans le temps. C’était au mois de janvier, saison où l’ermitage d’Annaya semble resplendir dans une gloire d’éclairs et de tonnerres. Le Supérieur même d’Annaya, le Père Nehmé écrit : « Le Père Charbel était un jour à genoux dans la chapelle de l’ermitage, plongé dans sa méditation devant le Saint-Sacrement. La foudre tomba sur la chapelle, ouvrant une brèche dans la terrasse, détruisant une partie de l’autel et traversant le pieux édifice mit le feu à la soutane du Père. Lui n’en interrompit pas pour autant sa méditation ! Ses deux compagnons au contraire, le P. Makarios et le Frère Néhemétalla, s’évanouirent à cause de l’odeur de souffre laissée par la foudre. » Le Père Charbel avait atteint sans doute cet état d’âme que les mystiques du désert appellent l’ «hésychia », c’est-à-dire cette disponibilité totale de l’âme au « silence du cœur et des pensées, une sorte d’inconscience de soi-même qui spiritualise l’homme en quelque manière devant l’Immatériel » (1). |